Allemagne : comment l'IA a retrouvé une fugitive en cavale depuis 30 ans | TF1 INFO

LCI - 08/03
[VIDÉO] La police allemande a arrêté une membre de l'ex-groupe Fraction Armée Rouge (RAF).Recherchée depuis 30 ans, Daniela Klette a été identifiée grâce à un logiciel de reconnaissance faciale.Âgée de 65 ans, elle n'avait pas quitté Berlin, où elle vivait depuis 20 ans. - Allemagne : comment l'IA a retrouvé une fugitive en cavale depuis 30 ans (International) - TF1 INFO

La police allemande a arrêté une membre de l'ex-groupe Fraction Armée Rouge (RAF).
Recherchée depuis 30 ans, Daniela Klette a été identifiée grâce à un logiciel de reconnaissance faciale.
Âgée de 65 ans, elle n'avait pas quitté Berlin, où elle vivait depuis 20 ans.

"Un événement majeur dans l'histoire criminelle allemande". C'est en ces termes que Daniela Behrens, ministre de l'Intérieur de Basse-Saxe, a évoqué l'arrestation de Daniela Klette. Et pour cause : âgée de 65 ans, cette figure emblématique de l'ex-organisation violente Fraction Armée rouge (RAF) était en cavale depuis une trentaine d'années. Il aura pourtant suffi d'une trentaine de minutes pour retrouver sa trace.

Dans l'impasse depuis les années 1990, l'enquête a pu être relancée à l'automne dernier grâce à un podcast pour la radio publique allemande, préparée par des journalistes. Ces derniers, désireux de faire un portrait de cette présumée terroriste d'extrême gauche, ont alors sollicité Michael Colborne. Spécialiste de la vérification d'image, ce dernier se voit confier une mission : confirmer l'identité d'une femme qui se présentait comme étant Daniela Klette. Rapidement, il certifie que ce profil ne correspond pas. 

Des armes de guerre retrouvées à son domicile

Michael Colborne, qui utilise le logiciel de reconnaissance faciale Pimeyes, décide néanmoins de poursuivre ses recherches. Grâce à ce logiciel qui coute une trentaine d'euros par mois et permet, sur la base d'une photo, de retrouver toutes les images d'une personne diffusées sur Internet, il parvient néanmoins à remonter le fil conduisant à la vraie Daniela Klette. Ou plutôt, son pseudonyme. Car la militante se fait appeler "Claudia Ivone" et, sur Facebook, publie des images de fleurs ou de champignons. Selon Libération, elle met également en avant ses cours de capoeira. Surprise : celle qui était membre de "la bande à Baader" n'est pas en cavale à l'étranger, mais vit… à Berlin.

Selon Reuters, les journalistes auraient fait part de leurs recherches à la police. Cette dernière n'a jamais confirmé avoir été mise sur la piste de Daniela Klette grâce à eux, se contentant de préciser aux médias qu'il aura suffi d'un "indice décisif en provenance de la population" pour la retrouver dans un appartement à Kreuzberg, dans le centre de Berlin. Elle vivait depuis au moins 20 ans dans un studio au cinquième étage d'un immeuble de Kreuzberg, un quartier bourgeois bohème, avec un partenaire et un chien. Elle disposait d'un passeport italien, mais n'avait pas changé son apparence malgré les avis de recherche multiples de la police. Selon des voisins interrogés notamment par le quotidien Bild, elle était agréable et amicale et "disait toujours bonjour".

AFP

Une façade trompeuse : les perquisitions menées à son domicile, et dans les environs, ont permis de découvrir plusieurs "armes de guerre et explosifs", dont une kalaschnikov, un pistolet mitrailleur, ou encore une grenade bazooka. Les enquêteurs ont aussi retrouvé des photos récentes de Burkhard Garweg, un complice, qui a failli être arrêté la semaine dernière dans une zone de l'est de la ville où résident des marginaux et squatteurs.  Le journal Bild a affirmé qu'il aurait mendié sous un pont d'Oberbaum, qui relie les quartiers de Kreuzberg et de Friedrichshain, sa photo ayant été reconnue par des SDF.

Pour la justice, l'arrestation de Daniela Klette permettra, peut-être, d'apporter des explications sur une page sombre de l'histoire allemande. Issue de la frange radicale du mouvement étudiant de 1968 et connue sous le nom de "Bande à Baader-Meinhof" - les patronymes de ses fondateurs Andreas Baader et Ulrike Meinhof -, la RAF prônait une "guérilla urbaine" contre le gouvernement et l'élite du pays. Au nom de la lutte anti-impérialiste, ses membres ont ébranlé la République fédérale d'Allemagne (RFA) pendant les "années de plomb", via des attentats, des enlèvements et des assassinats ayant visé les "hauts dirigeants de l'économie et de l'État" et les forces américaines. Ses principaux leaders, dont Meinhof et Baader, se sont suicidés en prison dans les années 70. Les actes de la RAF ont fait 34 morts, avant que le groupe ne se dissolve de lui-même en avril 1998.

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Daniela Klette est, elle, mise en cause par le parquet antiterroriste avec ses deux complices présumés dans un attentat à la bombe le 27 mars 1993 contre le centre de détention en construction de Weiterstadt. Elle est également recherchée pour un attentat à la bombe manqué contre un bâtiment de la Deutsche Bank, le 25 février 1990, ainsi que pour une attaque à l'arme ...
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